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Grèves de femmes de ménage : la précarité est-elle en cause ?

Les femmes de ménage d’EAS en grève !

 Le 20 janvier dernier, le personnel chargé du ménage d’EAS (European Airport Services) s’est mis en grève. Il a organisé un sit-in dans l’aéroport de Nice depuis le 2 février. La rupture du contrat avec la société qui les employait en sous-traitance a provoqué la colère des salariés car depuis, 22 personnes (21 femmes et un homme) chargés du nettoyage des avions sont menacés de licenciement. Leur colère est d’autant plus forte que leurs badges ont été démagnétisés avant même qu’ils apprennent officiellement la nouvelle. D’après ce site de la ville de Nice, le personnel de la CGT aurait reçu des informations contradictoires les unes à la suite des autres : reclassement du personnel sur d’autres sites, puis finalement conservation du même poste. Pour le moment, les salariés concernés sont payés à domicile. Cet évènement soulève à nouveau le problème de la précarité des emplois les moins qualifiés en France, et notamment les emplois de femme de ménage ou de technicien de surface.

Le ménage, le secteur emblématique de la précarité ? Pas si sûr…

On peut légitimement se poser la question lorsqu’on sait que les personnes qui se livrent à ces tâches sont généralement des femmes qui n’ont aucune qualification professionnelle. Lorsque le ménage n’est pas un choix et qu’il est pratiqué au noir, les conditions de travail sont parfois laborieuses. Notons d’ailleurs que rares sont les procès où la femme de ménage gagne contre son employeur.
Toutefois depuis plusieurs années, on assiste à l’émergence d’un nouveau type de structures qui proposent des femmes de ménage à domicile mieux protégées de la précarité. Ces nouvelles structures (Bien Servi, O2…) proposent du personnel qualifié et spécialisé notamment dans le ménage et le repassage à domicile. Elles ont été favorisées par les gouvernements successifs afin de faire entrer des services jusque-là délivrés au noir dans le cadre du travail déclaré. Le CESU par exemple permet de ne payer que la moitié de la prestation. Sachant que le temps libre qui sert souvent à s’adonner aux tâches ménagères tend à se réduire de plus en plus dans nos sociétés, le ménage pourrait bien devenir un marché très lucratif et avec du personnel qualifié, loin de la précarité.


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